NOUVELLE MEMBRE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION : ALYSSA MELLON

Le conseil d’administration d’ICoCA est fier d’annoncer l’élection d’Alyssa Mellon en tant que nouvelle membre du Conseil d’administration représentant le gouvernement du Canada, à compter de décembre 2025.

 

Alyssa Mellon occupe le poste de directrice adjointe de la Section des minéraux, des industries extractives et du développement au sein de la Division de la croissance économique à Affaires mondiales Canada, où elle dirige la participation du Canada à des initiatives mondiales clés qui façonnent la gouvernance responsable des ressources. Elle dirige une équipe qui coordonne la participation du Canada à des forums multilatéraux influents, notamment le Processus de Kimberley sur les diamants de conflit, les Principes volontaires sur la sécurité et les droits humains, l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) et le Fonds fiduciaire multidonateurs du Programme mondial de soutien aux industries extractives (EGPS) de la Banque mondiale.

Sous sa direction, l’équipe a joué un rôle central dans la mise en œuvre de l’interdiction par le G7 des diamants russes et dans la promotion des efforts mondiaux visant à améliorer la transparence et la traçabilité dans la chaîne d’approvisionnement des diamants. Son portefeuille comprend également la fourniture de conseils stratégiques sur la gouvernance des minéraux critiques dans les pays en développement, renforçant ainsi l’engagement du Canada en faveur d’un développement durable et éthique des ressources.

Depuis qu’elle a rejoint Affaires mondiales Canada en 2006, Alyssa a occupé divers postes, notamment au sein des bureaux géographiques pour l’Asie du Sud et du Sud-Est, à Jakarta, en Indonésie, et dans le cadre de dossiers thématiques tels que les affaires transfrontalières entre le Canada et les États-Unis, la non-prolifération nucléaire et le désarmement. Elle est titulaire d’une maîtrise en sciences politiques de l’université Carleton et est originaire de l’Alberta, au Canada.

 

 

Nous avons discuté avec Mme Mellon de la collaboration entre le Canada et ICoCA.

 

Qu’est-ce qui a motivé le Canada à assumer désormais un rôle au sein du conseil d’administration ?

En rejoignant le conseil d’administration, le Canada vise à maintenir et à renforcer la responsabilité dans les opérations de sécurité privée à l’échelle mondiale, en mettant particulièrement l’accent sur le secteur extractif, dans lequel le Canada possède une expertise considérable. Ce rôle offre une plateforme pour faire progresser les normes qui soutiennent les priorités stratégiques du Canada, notamment la sécurité et la résilience des chaînes d’approvisionnement, le respect des droits humains, l’égalité des sexes et l’inclusion. Grâce à sa participation au conseil d’administration, le Canada cherche à définir les meilleures pratiques et à atténuer les risques liés à la sécurité et aux droits humains dans des environnements complexes.

 

Comment l’expérience du Canada en tant que membre de longue date a-t-elle façonné son point de vue sur la valeur et l’impact d’ICoCA ?

Le Canada s’engage à promouvoir des pratiques commerciales responsables. Son adhésion à ICoCA en 2016 a constitué une étape importante dans la promotion de normes volontaires par le biais d’une initiative multipartite qui favorise la responsabilité et la transparence. Nous reconnaissons également que dans les environnements fragiles ou à haut risque, les approches volontaires peuvent devoir être complétées par une réglementation, des règles internationales ou d’autres mécanismes contraignants. Au-delà du secteur extractif, les normes et la surveillance d’ICoCA ont façonné notre approche en matière de passation de marchés et renforcé l’engagement du Canada envers le droit international humanitaire et les droits humains.

 

Quelles priorités ou perspectives le Canada souhaite-t-il apporter au Conseil afin de soutenir une gouvernance responsable dans le domaine de la sécurité privée ?

Le Canada souhaite se concentrer sur quelques domaines clés. Tout d’abord, nous voulons promouvoir une gouvernance dans le secteur de la sécurité privée qui favorise l’accès à des minerais provenant de sources responsables et qui relève les défis dans les zones de conflit, y compris l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE). Nous souhaitons également privilégier une approche équilibrée, combinant des initiatives volontaires et des mesures réglementaires afin de renforcer la responsabilité du secteur privé et la sécurité dans les missions canadiennes, le cas échéant. L’inclusion reste au cœur de ces efforts, l’accent étant mis sur la promotion des droits humains et de l’égalité des sexes en tant que moteurs du développement durable. Enfin, le Canada collabore également avec les gouvernements, les entreprises et la société civile afin de réduire les risques liés à la sécurité en matière de droits humains, en mettant l’accent sur l’égalité des sexes tout en stabilisant les marchés et en favorisant la croissance économique locale.

 

Comment la mission d’ICoCA s’inscrit-elle dans les engagements plus larges du Canada en matière de droits de la personne, de sécurité internationale et de coopération multilatérale ?

Le travail d’ICoCA s’inscrit dans le droit fil de l’engagement du Canada envers le droit international humanitaire, les droits humains et la conduite responsable des entreprises. Il complète les efforts déployés par le Canada dans le cadre des Principes volontaires sur la sécurité et les droits humains, de l’OCDE, du G7, de l’ONU et d’autres forums pour établir des normes mondiales et prévenir les abus commis par les acteurs de la sécurité. Cette harmonisation soutient les objectifs du Canada en matière de paix, de sécurité et de développement durable, en particulier dans les régions riches en ressources naturelles où les risques liés à la sécurité et les défis liés au développement se recoupent souvent. Les sociétés minières canadiennes sont des moteurs clés de la croissance économique locale et ont pris un engagement bien établi en faveur de pratiques commerciales responsables, ce qui renforce l’importance d’une gouvernance solide en matière de sécurité dans ces environnements.

Le Canada fait appel à des entreprises de sécurité privée pour protéger ses missions à l’étranger, ce qui nous donne un intérêt direct à promouvoir l’adhésion à ICoCA. Par exemple, notre ambassade en Égypte a récemment organisé la réunion inaugurale de la section égyptienne d’ICoCA afin de sensibiliser la population locale. Cette initiative a suscité un vif intérêt parmi les entreprises de sécurité égyptiennes, dont beaucoup envisagent désormais d’adhérer à ICoCA.

 

Selon vous, quels sont les principaux défis et opportunités aux quels ICoCA sera confrontée dans les années à venir ?

À l’heure actuelle, les principaux défis auxquels nous sommes confrontés consistent à combler les lacunes en matière de conformité dans les zones fragiles et touchées par des conflits, tout en restant à l’affût des nouveaux risques liés à la sécurité des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques et en or, ainsi qu’aux technologies émergentes.

Dans le cadre d’ICoCA, nous voulons mettre en place des services de sécurité responsables afin de répondre à la demande mondiale croissante en minéraux essentiels. Nous saisissons également l’occasion d’utiliser la certification et la surveillance pour renforcer la confiance et la responsabilité, en particulier dans les environnements à haut risque, et ainsi établir des partenariats plus solides avec les gouvernements, l’industrie et la société civile.

 

Quel message le Canada aimerait-il transmettre aux gouvernements qui envisagent de s’engager davantage ou d’assumer des rôles de leadership au sein d’ICoCA ?

L’adhésion à ICoCA va au-delà de la gouvernance en matière de sécurité : il s’agit d’un investissement stratégique dans la mise en place de chaînes d’approvisionnement plus résilientes pour tous, qu’il s’agisse des personnes, des entreprises ou des gouvernements. Des pratiques de sécurité responsables réduisent le risque de violations des droits humains liées à l’industrie, ce qui renforce la confiance des communautés locales et crée les conditions d’une croissance économique durable. Pour les gouvernements, cela se traduit par une transparence, une stabilité et des opportunités économiques accrues, tant au niveau national qu’international.